Les réunions stratégiques se succèdent et mon irritation grandie pour devenir de la lassitude.
Nous campons autour de Nériaken alors que mes convictions me disent :
Que nous faisons exactement ce que l’ennemi attend de nous et étant donné qu'il connait exactement nos forces en présence,
il a préparé une attaque suffisante pour nous vaincre à la longue.
Il y a autour de cette table deux douzaines de conseillés militaires et pas un pour proposer autre chose...
Quand Fort Krassak est attaqué, l'objectif est de couper nos renforts et notre retraite, et en profiter pour nous prendre en tenaille en filant droit sur Essergue.
L’ennemi s'attend à ce que nos marins mettent pied à terre pour prêter main forte aux soldats de Krassak, mais en faisant cela nous risquons de perdre la suprématie navale, j'ordonne aux hommes de Krassak de tenir et à la flotte de se tenir prêt à les évacuer.
La manœuvre d'encerclement est également déclenchée au Sud : Notre cavalerie Esmale est en mauvaise posture face à un bataillon lourd à pied.
Je réquisitionne un quart des troupe volantes pour contre attaquer.
Les 25 dragonnets de mon escouade, sont accompagnés de pégases, de griffons et d'un dragon.
Arrivée sur zone : Notre cavalerie légère est bloquée au contact face à une masse de lourds combattants.
Alors que nous nous approchons faisant beugler nos montures pour détourner leur attention, une nuée de créatures ailées sort de terre pour nous barrer la route.
"En triangle! Sortez les lances!"
Armés de lances dragons, mes dragonnets chargent dans un mouvement d'ensemble parfait, mon escouade cueille la troupe qui prenait son envol comme une lance rentrant dans du fromage blanc.
Les griffons finissent le travail comme nous poursuivons notre assaut sur la troupe lourde en reprenant de la hauteur, soutenus par les archers pégases .
"Aux arcs!"
Nous passons à quelques mètres au dessus d'eux en les arrosant de flèches d'acier.
Je m'adresse aux Esmaux "Repliez-vous et Regroupez-vous!"
Le conseillé Binks leur ménage une zone de repli à grands coups de souffle de dragon et ils profitent de notre diversion.
Une créature qui semble diriger la troupe s'est retranchée sous un tas de créatures à carapaces.
Je place quelques flèches au travers du blockhaus de chitine et Eltorel finit par faire exploser l'amas.
La perte de la cheffe désoriente le bataillon et permet à notre cavalerie de reprendre le dessus, nous rentrons à Nériaken.
Une deuxième armée ennemie est attendue. Selon les calculs ils renforceront la première armée quand celle-ci sera aux pieds de nos remparts.
Cette troupe disparate composée de champions semble forcer l'allure depuis quelques jours.
Dans le rapport, je remarque que les éclaireurs n'ont pas parlé de mutants. Cela m'est confirmé, ni mutants, ni créatures démoniaques.
Nous n'avons aucun moyen de leur couper la route.
Jour J, l’assaut final est en cours, la première ceinture de Nériaken est attaquée de toutes parts.
Flanc droit, des géants emmanchés de monstrueux gourdins s'attaquent aux remparts.
Au diable les responsabilités, j'ai besoin d'évacuer toute la frustration accumulée en 3 semaines de défense, et Kotor à faim...
Guimut me pose sur le rempart et je descends en découdre avec ces mastodontes.
Un cors retentit, les renforts ennemis viennent d'arriver. Je laisse Kotor se gaver de l'essence vitale du cadavre monstrueux avant de remonter sur mon dragonet.
Je prends un peu de hauteur, la deuxième armée constituée de champions à pied lourdement armés appuyées par des chars de guerre lourds, fend les rangs ennemis au pas de charge, droit sur les remparts sans se soucier d'écraser la piétaille alliés.
Arrivés au pied de nos murailles, ils bifurquent pour les longer, sur le char de tête un immense chevalier noir brise une sphère de verre et s'en échappe une luciole bleu qui virevolte vers Nériaken.
Contre tout attente n'écoutant que mon instinct, je plane en direction de la luciole, les bras ouverts. tel Kevin Costner dans la première scène de Dance avec les loups.
Quand celle-ci disparait en percutant ma plaque pectorale, j'entends une voie résonner dans ma tête :
"Salut vieux frère."
C'est le sourire jusqu'aux oreilles que je sors mon cors et sonne furieusement la charge!
"A l'assaut!!!" s'écrient alors les 20 cavaliers restant de mon bataillon en passant les remparts en rase motte.
"Suivez moi! Position de soutient sur ces chars. Aux arcs!"
Nous survolons le champ de bataille pour nous placer au dessus des chars qui tournent définitivement casaque pour charger les armées du chaos.
Ce retournement désarçonne aussi bien les créatures du chaos, que les défenseurs sur nos murs, mais en ajoutant à cela la chute de l'énorme démon, la suprématie vient de changer de camp!
Et c'est sur le rythme endiablé de mon petit cors de cavalerie sonnant la charge à tue tête que les armées du monde reprennent l'initiative sur des ennemis en déroute.
Guimut me pose a portée de voie du char de tête. J'avance vers ce grand chevalier noir, sans armes et me jette sur lui devant une assistance médusée.
Nous roulons au sol dans une parodie de lutte qui tient plus de la marave.
Il retire un heaume qu'il a du voler à Elkazir.
"Salut Willy"
"-Tu as travaillé ton entrée en scène!"
(...)
"Mes hommes sont épuisés il y aurait de la place à l'intérieur?"
"Bien-sur, viens, il y a quelqu'un qui doit t'attendre..."
Je m'avance vers la porte, me retourne, met un genou à terre, dos à la porte close : "Gloire au roi Chtiven!" repris par une poignée de voies dispersées.
Il a un flottement puis je reprends "Ouvrez les portes!"
Encore une seconde de flottement puis les portes s'ouvrent dans un grincement rauque.
Nous rejoignons le QG de l'autre coté, je crois que la plus désarçonnée entre l'armée du chaos et les nôtres... ça reste Araia...
Pendant qu'Araia finit la sapinette, Chti nous explique que son royaume, situé à la frontière avec les terres noires en cote Ouest, a besoin de soutien.
Je pose ma pinte de bière brune : "Laisse moi une petite année pour faire le tour par le Sud et les premières voiles Créati arpenterons la Rade des Oubliés. (la crique où Chti s'est installé)
Pour ce qui est de la terre, j'en parlerais au prince d'Essergue."
